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Journée d’étude « Pratiques narratives en formation et recherche en santé : » (23 mars 2015)


PRATIQUES NARRATIVES EN FORMATION ET RECHERCHE EN 
SANTÉ

Journée d’étude de l’Equipe Education, Ethique Santé (EES) Université François Rabelais, Tours, Faculté de Médecine, boulevard Tonnellé

 
AMPHI B  - Mercredi 23 mars 2016

Le recours croissant aux pratiques narratives dans les formations universitaires interroge la place et les enjeux qui leurs sont assignés. Mobiliser l’expression de l’expérience des étudiants dans le cadre de parcours de formations certifiantes, c’est en effet faire vivre un type d’épreuve singulier : celui du récit de soi dans des contextes d’évaluation et de validation. Cette expression n’est pas neutre. Elle engage le sujet du récit vers des pratiques narratives en première personne, qui l’exposent et l’impliquent. L’objet de cette journée d’étude est de questionner les enjeux et les usages des pratiques narratives en formation et mais aussi dans la recherche en santé et soins infirmiers.

Les différentes communications vont réfléchir et articuler, à partir de leurs contextes singuliers, trois dimensions : les pratiques narratives et leurs présupposés méthodologiques ; les théories de l’expérience, et des acquis et des compétences sous-jacentes à ces pratiques ; le type de connaissances visées et les usages qui en sont possibles. Par les présentations successives, cette journée d’étude participe d’une mise en perspective éthique et pratique du récit de soi dans les champs de l’éducation à la santé et de la formation des infirmier(e)s et médecins.


 Accueil 10 h 15 - Ouverture et présentation 10 h
 30
Laurence Cornu, Anne-Marie Lehr-Drylewicz  

 Explicitation de l’experience et recherche qualitative en sante : la recherche-Apache 3. Hervé Breton (MCF, Sciences de l’éducation) et Ken Haguenoer (Praticien hospitalier, CHRU Tours)

La compréhension du vécu des personnes s’impliquant dans les protocoles de recherches en santé conduit à s’intéresser aux méthodologies elles-mêmes et aux types de recherches qu’elles génèrent. Cette communication présentera, à partir de la problématique du dépistage du cancer de l’utérus auprès des femmes en Indre et Loire, les étapes de la structuration d’une recherche-action-formation intégrant les approches de l’explicitation de l’expérience, dans une visée de compréhension en première personne des modalités d’appropriation (ou non) du dispositif de prévention en vue de son évolution.

Les Recits de Situations Complexes Authentiques (RSCA) : questions autour de l’évaluation de l’expérienceAnne-Marie Lehr-Drylewicz, Professeur, Université de Tours et Alain Pottier (Médecin, Professeur associé, Université de Tours)

Depuis 2004, la formation des futurs médecins généralistes repose sur l’observation de leur action authentique en stage. A côté de l’évaluation par supervision directe, existe une supervision indirecte à partir de l’écriture narrative sur une situation professionnelle vécue. Le RSCA comporte une narration de l’action, une problématisation, le fruit des recherches bibliographiques. La synthèse permet d’inférer l’acquisition de compétences résultant d’’une expérience travaillée par les recherches.

 APRES MIDI (14h00/17H 30)

Processus narratif en formation en soins infirmiers : entre description et interprétation, l’écriture fil d’Ariane du processus de professionnalisationCatherine Guillaumin (MCF, Université de Tours) 

Dans le contexte d’un IFSI, en étroite relation avec l’équipe pédagogique, un dispositif de formation centré sur l’écriture a été inventé, mis en œuvre et ajusté sans cesse de 2001 à aujourd’hui. Il se fonde sur la narration de l’observation participante d’une situation professionnelle par un acteur devenant auteur : objet de réflexivité et source de production de savoirs professionnels pour l’étudiant, et matériau utilisé par le chercheur pour construire des objets scientifiques (observation réflexive, situation professionnelle subjective, alternance processus …). Cette présentation articule ces deux processus épistémiques, en présente les principaux états, ici et maintenant, tant du point de vue des méthodologies saisies que des théories mobilisées.

MINI , un outil pour la médecine narrative ?. Jean-Pierre Lebeau ((Médecin, Université de Tours) 

Différentes sciences humaines se sont intéressées à la place du récit en médecine. L’analyse du récit des patients permet d’appréhender l’expérience vécue de la maladie (illness) opposée à la maladie envisagée du point de vue biomédical (disease). La notion de modèle explicatif traduit la perspective (socialement, culturellement et personnellement construite) des patients sur la nature, les causes, les mécanismes, l’évolution attendue et les traitements appropriés de leur problème de santé. Pour certains, cette approche fait une place trop importante à la rationalité et confère aux récits des patients une cohérence artificielle, en laissant de côté des raisonnements moins conscients de nature analogique (rapprocher son expérience d’un modèle prototypique) ou relevant de la simple contiguïté temporelle des événements. Le McGill Illness Narrative Interview (MINI) est un guide d’entretien semi-structuré développé par une équipe canadienne, destiné à explorer les représentations des patients en prenant en compte ces trois types de modèles, et exploitable par plusieurs disciplines s’intéressant à l’analyse de ces récits.

Bribes de récits de vie en conversation avec des adolescents. Christine Lecoq (MCF associée en sciences de l’éducation, doctorante EES) et Anne-Laure Maratray (psychologue clinicienne, doctorante, EES) 

Seront exposés quelques exemples, pour nourrir la réflexion sur la pratique et sur la démarche mise en œuvre. Les conversations avec des adolescents ici présentées accueillent des bribes de récits de vie : ni formation, ni thérapie, cette pratique est dans une sorte un entre-deux, qui a des effets. De même le mode choisi de la « conversation » n’est ni entretien d’explicitation, ni questionnaire : il est proposé ici à la réflexion en commun.

Ethique de la narration. Laurence Cornu (Professeur, Université de Tours). Discutante : Béatrice Birmelé (Praticien hospitalier HDR, responsable de l’Espace éthique Région Centre) 

En formation, histoires de vie et récits d’expérience ont déjà toute une histoire.  La médecine narrative est plus récente. La réflexion éthique qui porte sur les prises de décision difficiles, les dilemmes, s’intéresse aussi aux récits, comme matière mais aussi première mise en forme de la réflexivité. L’éthique est alors narrative, « concrète » plutôt que générale ou abstraite. Mais pourquoi parler d’une éthique de la narration ?  D’un côté, si l’on invite à la narration en formation, ou dans le soin il y a à penser le cadre éthique qui protège l’autre qui (se) raconte, et dont la première question est celle de la confidentialité… Peut-on nommer et penser d’autres objets de veille ? De l’autre, on peut orienter la réflexion sur le fait que la narrativité engage par elle-même une éthique, une façon d’agir orientée par une certaine veille : attention portée à ce qui fait événements, et à ce qu’en dit celui qui les a vécus, mise en récit, mise en sens, singularité des expériences, écoute du récit de l’autre.  La narrativité est éthique par elle-même en ce qu’elle opère un devenir sujet des sujets dans le récit qu’ils font à quelqu’un d’autre de leur expérience.

Conclusion de la  journée : Emmanuel Rusch, Hervé Breton

Journée ouverte au public dans la limite des places disponibles. 
Organisée par Hervé Breton et Laurence Cornu, avec l’équipe EES.  
Renseignements : herve.breton@univ-tours.fr   ;   laurence.cornu@univ-tours.fr  

 

   

 

    

Journée organisée par Hervé Breton, & Laurence Cornu avec l’équipe EES, ouverte au public dans la limite des places disponibles.

Renseignements : herve.breton@univ-­‐tours.fr   ;   laurence.cornu@univ-­‐tours.fr      


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